PRESENTATION DU VILLAGE DE BOUGOUNAM

Etant donné que les principales activités de l’association s’intéressent à Bougounam, il est important qu’il soit fait une brève présentation de celui-ci.

 Le village de Bougounam est situé  à environ vingt six  (26) kilomètres de Gourcy dont il est relève sur l’axe Gourcy Ouahigouya. Il est ainsi situé au Nord  de la ville de Gourcy. Le village est représenté au sein du Conseil municipal par deux (02) élus. Le village a également un Comité Villageois de Développement (CVD) dont le rôle est de promouvoir le développement local et de suivre la mise en œuvre des différents projets et programmes dans le village ainsi que la réalisation des infrastructures. Il faut dire que l’évolution du village depuis les Indépendances de 1960 à nos jours est fortement liée à celle de Gourcy dont il relève.

 

A. DONNEES DEMOGRAPHIQUES

Au dernier recensement de la Population et de l’Habitation, le village de Bougounam compte trois mille sept cent cinquante trois (3 753) habitants dont mille six cent quatre vingt dix (1 690) hommes et deux mille soixante trois (2 063) femmes. La croissance naturelle est de 3,19 % et par an.

La population du village de Bougounam est composée de 54,97 % de femmes et 45,03 % d’hommes. Dans l’ensemble, les femmes sont les plus nombreuses et la population est très jeune, 50,93 % étant de moins de 15 ans.

L’émigration est ressentie surtout au milieu de la frange jeune qui très souvent en fin des travaux champêtres se rend dans les pays voisins (Côte d’Ivoire) pour y travailler. Il ya aussi les jeunes qui se rendent au Mali pour les études coraniques. Il ya tout de même une émigration interne qui concerne les études scolaires notamment dans les grandes villes du pays telles que Ouagadougou, Koudougou, Bobo, Ouahigouya  et Gourcy.  Il y a également les jeunes qui se déplacent sur les sites aurifères

 

    B. DONNEES SOCIALES

 

Le village est composé de moosé et de peulh avec une prédominance en nombre des premiers.

Comme partout sur le Plateau Moaga, l’organisation sociale du village de Bougounam a épousé la stratification sociale de la société moaga. Cela a donné lieu à une société à pouvoir politique centralisé avec une organisation sociale hiérarchisée où cohabitent les « Nakomsé » ou détenteurs du pouvoir et les « Tengbissi » détenteurs des droits sur la terre avec une maîtrise sur les phénomènes naturels. Cette structuration de la société a ainsi permis d’asseoir le pouvoir politique traditionnel.

 

B.1.Le système de parenté

Le village de Bougounam est une société moaga très hiérarchisée. Les différents groupes ethniques sont des sociétés lignagères. Les segments de lignage sociaux de l’univers Moaga présentent un même système lignager (patrilinéaire), un même système matrimonial et à peu près un même système de parenté.

Le lignage ou « Buudu » en mooré désigne tout le groupe social de même descendance dont les membres ne peuvent pas se marier entre eux et portent le même nom ou « sondre » qui les distingue des autres unités segmentaires. L’unité la plus large est le « Saka » qui veut dire quartier. D’autres unités plus restreintes procèdent de clivage interne au « Saka » : les « Yiya » ou concessions et les « Zakse » ou cours sont les segments du « Yiri » chacune de ces unités à son propre doyen ou « Kasma ». Dans la majorité des cas, la chefferie de « Zaka » se transmet suivant la filière collatérale (au profit du plus ancien des frères cadets) bien que les ayants-droit au patrimoine soient des enfants en ligne directe.

 

B.2. Le pouvoir politique

Dans tous les groupes sociaux ethniques au Burkina Faso, le pouvoir politique s’exerce à deux (02) niveaux : le pouvoir politique traditionnel et le pouvoir politique moderne. Ces deux (02) pouvoirs cohabitent ensemble mais le pouvoir politique traditionnel est de plus en plus coutumier.

 

                         B.2.a. Le pouvoir politique traditionnel

L’organisation politique traditionnel à Bougounam est centralisée et hiérarchisée. Il fait partie des villages que l’on appelait dans le temps les « villages indépendants » et relève coutumièrement d’Ouahigouya. Le pouvoir est exercé par des chefs traditionnels dont le chef suprême fait allégeance à sa Majesté Naba Kiiba de Ouahigouya dont il relève parce que c’est ce dernier qui le nomme. Les quartiers du village ont chacun un chef qui est nommé par le chef du village.

 

                         B.2.b. Le pouvoir politique moderne 

Dans les deux dernières décennies, Bougounam à l’instar d’autres villages a connu l’émergence de plusieurs partis politiques qui étaient pour la plupart en compétition aux dernières élections municipales tenues le 23 avril 2006. Ce sont au total cinq (05) partis qui ont pris part aux élections d’avril mais seul le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti au pouvoir a remporté les deux (02) sièges.

                        

                         B.2.c. Le mariage et ses différentes formes

Il existe deux types de mariage en relation avec la pratique religieuse que sont la monogamie pour les chrétiens et la polygamie pour les musulmans et les animistes. Par contre, Il existe trois formes de mariage dans le village les plus officielles les unes que les autres mais qui sont toujours utilisés malgré les sensibilisations sur les méfaits de certaines. Il s’agit :

ü  Du mariage par consentement mutuel : les deux (02) conjoints se choisissent librement. Dans ce type de mariage, l’homme doit faire une contribution matérielle dont le contenu varie selon l’ethnie et la religion. Cette contribution appelée « dot » est versée à la famille de la femme.

ü  Du mariage par don ou mariage forcé : la fille dès sa naissance ou à l’état de maturité est promise à un homme. Ce genre de mariage nécessite aussi le versement de la dot mais ne garantit pas la liberté de choix aux conjoints. Le plus souvent l’écart d’âge est très grand ente les conjoints, l’homme étant généralement de loin plus âgé que la femme.

ü  Le lévirat : un homme peut prendre en mariage les femmes de son père ou de son frère aîné défunt à l’exception de sa propre mère.

Dans tous les cas de mariage, la résidence est patrilocale c’est-à-dire que les deux conjoints élisent domicile dans la famille de l’homme pendant toute la durée du mariage. Mais il peut arriver que le couple aménage dans un domicile en dehors de la cour familiale de l’homme mais tout cela sous l’autorité du père de celui-ci.

Dans le village, l’âge moyen au premier mariage en 1996 était de 26,4 ans pour les hommes et 18,7 ans pour les femmes. Cet âge moyen est inférieur à la moyenne nationale qui est de 26,7 pour les hommes et également pour les femmes. 

 

        B.3 La place de la femme dans la société

Dans la société moaga en général et en particulier dans le Nord Burkina, la femme occupe une place importante. Elle joue ainsi plusieurs rôles à la fois dans la société.

Comme premier rôle, la femme est chargée de l’éducation des enfants en bas âges. Le processus de socialisation de la jeune fille relève de ses compétences particulièrement en ce qui concerne son apprentissage de la vie conjugale.

Le second rôle de la femme est son importante contribution à l’économie du ménage. Ainsi, la femme de Bougounam participe aux travaux champêtres.

De même qu’elle contribue dans les champs collectifs du ménage ou de la famille, elle dispose de champs individuels de mil ou d’arachides et de végétaux pour les sauces. Elle est par ailleurs chargée de la cuisson des repas.

Sur le plan social, la femme a une grande influence. Elle est considérée dans la société Mossi comme un excellent moyen de communication social entre lignages, ciment des alliances. C’est dans la cage de la « pog – kêema » (première femme du roi ayant sacrifié aux rites) du roi que se trouvent les esprits des ancêtres appelé « Tiido ». Ainsi elle est à la fois épouse et conseillère du roi.

La femme est le complémentaire de l’homme et contribue ainsi aux grandes décisions. Dans la cour royale Mossi, la « pog – kêema » peut influencer la nomination des héritiers du roi. La « Napoko »  est nommée dès l’annonce de la mort du roi. Elle est l’aînée des filles du roi et représente le défunt roi en exerçant les fonctions royales jusqu’à la nomination du nouveau roi. La « Wemba » est l’artisan de la paix. Dans la cour royale, elle est choisie parmi les princesses qui ont atteint la ménopause. Elle est ainsi gardienne de la case des ancêtres et on lui laisse le passage quand elle se déplace. La femme incarne en général le mystère de la vie.

Depuis les deux (02) dernières décennies le statut de la femme du village à l’instar des autres femmes de la Commune et du Burkina Faso s’est nettement amélioré avec la nouvelle organisation socio - politique. Elle est de plus en plus admise dans les cercles de discussion. Les femmes de Bougounam sont de plus en plus mobilisées à travers des regroupements féminins (associations, groupements féminins…) pour l’amélioration de leurs conditions de vie.  

 

         B.4. Les religions pratiquées

L’islam est la religion dominante (80,4%) dans le village et suivent par ordre d’importance l’animisme (10,1%), le catholicisme (8%), le protestantisme (1,3%) et enfin les autres religions.

 

  1. C.      DONNEES ECONOMIQUES

 

Les activités de la population du village sont essentiellement l’agriculture et l’élevage avec une émergence du petit commerce et de quelques activités rémunératrices de revenus menées surtout par les groupements et associations.

 

                C.1 L’agriculture

 L’agriculture est extensive et occupe les habitants pendant toute la période hivernale. La terre est gérée sous forme traditionnelle, il existe des propriétaires terriens et les demandeurs sont des occupants temporaires. L’exploitation est de type traditionnel avec une dominance de la production céréalière. La pauvreté des sols a imposé la restauration et la conservation des eaux et des sols par le zaï amélioré, les cordons pierreux, les demi-lunes et le traitement des ravines. Les principales productions cultivée sont : le sorgho blanc, le sorgho rouge, le maïs, le riz, le niébé, l’arachide, le coton.

 

                C.2 L’élevage

La quasi-totalité des systèmes d’élevage sont pratiqués dans le village. Le plus dominant est l’élevage extensif. L’encadrement des producteurs par les agents techniques d’élevage favorise l’émergence de deux (02) types d’élevage : l’élevage intensif qui consiste à garder les animaux en enclos et à les nourrir (embouche bovine) pour le mettre sur le marché quelques mois plus tard et l’élevage semi intensif qui est la pratique de l’élevage de plaisir et permet de résoudre quelques problèmes financiers en cas de besoin. Les principales espèces élevées sont : les bovins, les caprins, les ovins, les porcins, les équins, les asins et la volaille. 

 

                C.3 Les modes de production

Il faut dire qu’il existe deux (02) modes de production que sont : la production traditionnelle et la production semi industrielle.

  • La production traditionnelle : elle est la plus répandue du fait de la pauvreté de la population  consiste à l’utilisation des moyens rudimentaires de production tels que la daba, la pioche et la jachère. Avec l’adversité de la nature ce type de production a un rendement très faible  favorisant ainsi la famine.
  • La production semi industrielle : Cette forme de production est relativement récente. elle consiste à utilisée la charrue tractée soit par des bœufs, des ânes ou des chevaux. Il n’y a pas de tracteur motorisé mais il peut arriver qu’un agriculteur en loue pour quelques heures de labour. 

 

C.4 Les infrastructures socio-économiques

Il n’y a pas assez d’infrastructures socio-économiques dans le village. Il existe une école primaire dont les salles de classe n’arrivent pas à contenir tous les élèves du fait de la demande supérieure à l’offre. Il existe un Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) qui reçoit les patients des villages environnants  si bien qu’il est vite débordé en période d’épidémie de paludisme.

Il existe un collège privé dénommé Collège ECLA  créé par l’association Etre Comme les Autres (ECLA) et depuis la rentrée scolaire 2010-2011 un lycée étatique a ouvert ses portes.

 

  1. D.      DONNEES ENVIRONNEMENTALES

 

Bougounam a un relief plat dans son ensemble avec cependant la présence de quelques collines. Quant aux sols on en distingue trois types :

  • Les sols minéraux bruts, peu évolués d’érosion et les sols ferrugineux lessivés. Ils sont peu fertiles et à faible pouvoir de rétention d’eau ;
  • Les sols de pente et de fond de vallées des zones schisteuses et granitiques constituées de sols ferrugineux tropicaux peu lessivés et de sols hydro morphes ;
  • Les sols ferrugineux tropicaux peu lessivés sur sable ou sur argile birremien et les sols bruns subarides qui sont les meilleurs sols. 

D.1. Le climat et la pluviométrie

Bougounam est soumis à un climat continental sec soudano sahélien caractérisé par deux (02) saisons :

_ Une saison sèche de novembre à avril comportant une période  froide de novembre à février et une période chaude qui commence au mois de mars. La période froide est caractérisée par des vents de direction nord-est et sud-ouest appelée harmattan.

_ Une saison pluvieuse de mai à octobre mais qui est tout de même variable d’une année à l’autre.  A titre d’exemple en 1990, 1993, 1999, 2003 et 2005 la saison pluvieuse a duré six (06) mois tandis qu’en 1991, 1995, 1996 et 1998 elle a duré sept (07) mois.

En 2000, elle a duré cinq (05) mois avec une hauteur d’eau de 541,7 mm. Avec les aléas climatiques la zone est victime de la mauvaise répartition spatio-temporelle de la pluviométrie ce qui donne des poches de sécheresse par ci et des inondations par là.

 

D.2. L’hydrographie

Bougounam n’a pas une hydrographie importante il n’ya que quelques retenues d’eau qui se forment en saison pluvieuse qui sont vite asséchées en saison sèche.

 

D.3. La végétation

Le couvert végétal jadis abondant, s’est amenuisé au fil des années à telle enseigne que de nos jours on ne compte plus que quelques reliques forestières. La végétation, de type savane arborée dans l’ensemble comprend : la strate arborée dans laquelle on rencontre les espèces de flore telles que le karité, le néré, le raisinier, le caîcédrat, le kapokier rouge, le baobab…, la strate arbustive, la strate buissonnante et la strate herbacée.

Il y a une mise en défense qui est constituée de « bois sacrés » dont toute exploitation est interdite et qui est un lieu de culte.

 

D.4. La faune

Le secteur faunique à l’instar de celui des forêts  est également soumis à la pression des activités anthropiques (braconnage, défrichements incontrôlés, feux de brousse, etc) principales causes d’extinction des grandes espèces animales. Le patrimoine faunique est ainsi réduit aux espèces ci-après : petites antilopes, lièvres, chats sauvages, singes rouges, pintades sauvages…

 

  1. E.       AUTRES DONNEES

 

En plus des services techniques et administratifs installés à Gourcy le chef lieu de la Commune et qui ont compétence sur le village on note la présence d’ONG et d’associations de développement dont les domaines d’interventions sont variés : environnement, sensibilisation, organisation paysanne, artisanat, agriculture et élevage.

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